Cursus (études) : Cursus réalisé en STAPS
Expériences professionnelles : entraîneur de handball durant 10 ans
Métier et titre(s) : Maître de Conférences Habilitée à Diriger les Recherches (spécialité sociologie politique du sport), Université Victor Ségalen Bordeaux II
Ouvrages et articles publiés :
Honta, M., Les territoires de l’excellence sportive, PUB, 2002.
- Honta, M., Etat,
action publique et territoires. Quels enjeux pour la territorialisation de la politique du sport de haut niveau ?, Droit et Société,
Revue Internationale de Théorie du Droit et de Sociologie Juridique, n ° 59, 2005, p. 165-185 (revue labellisée CNRS)
- Honta, M.,
Equipements sportifs et intercommunalité en France ou la politique des petits pas. Le cas de la Communauté d’Agglomération du Bassin d’Arcachon Sud (COBAS), Loisir et Société, vol. 29,
n ° 2, 2007, p. 479-504
- Honta, M., Organising the Dual Sporting-Social Project for High-Level Athletes in France : The
Difficulties of Learning of Collective Action, International Review for the Sociology of Sport, 42 (2), 2007, p. 133-148.
Sport(s) pratiqué(s) et niveau(x) : Handball (1ère division) et tennis (classement 15/4, compétition niveau régional)
Interview
Pouvez-vous nous parler de la recherche en Sciences du Sport et de son rôle
majeur ?
Je vois la recherche liant sciences sociales et sport comme un moyen de faire avancer la formation d’une part, comme une aide à la prise de décision d’autre part (expertise).
Quels sont vos meilleurs moments en tant que chercheur ?
La réalisation d’une thèse qui se termine…bien !
Quelle est votre vision du sport de haut-niveau en France ?
Le système mis en place par l’Etat et les fédérations sportives souffre actuellement de l’accentuation de la concurrence internationale, concurrence qui place ces deux acteurs
devant la nécessité de réformer la politique élaborée mais dans un contexte où les moyens consacrés au sport en général par l’Etat ne suffisent pas.
Toute la difficulté consiste aujourd’hui à trouver des sources de financement supplémentaires en veillant à ce que les acteurs qui les apportent (les entreprises et les collectivités
territoriales) agissent en complémentarité avec l’Etat et les fédérations sportives, et là est la vraie difficulté.
Qu'appelle-t-on "double projet" ?
Le fait pour un sportif de pouvoir concilier sa formation sportive et sa formation socio-professionnelle alors qu’il aspire à atteindre et à se maintenir au plus haut niveau de
pratique.
Quels sont les rôles des différents acteurs privés ou publics dans le développement du sport de haut niveau à l'échelon local et national
?
La plupart attribue des aides individualisées aux sportifs qu’elles soient financières, matérielles ou concernant sa formation (je pense aux initiatives de l’Etat
et des Régions notamment sur cette question). Le Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports place également auprès des fédérations sportives des fonctionnaires, les cadres techniques
sportifs (CTS) qui exercent notamment leur activité au sein des « Filières d’accès au sport de haut niveau ». Ceci est un soutien essentiel pour elles.
Quel est l'impact des lois de décentralisations (plus récemment le 2e volet avec les lois Raffarin) sur le Sport local ?
Les lois de décentralisation, celles de 1982-1983 essentiellement, ont libéré les capacités d’initiatives des collectivités en la matière. Elles sont aujourd’hui les premiers
financeurs publics du sport en France.
La stratégie de l'Etat semble-t-elle cohérente en matière de politique sportive ? Pourquoi ?
Sur le plan des objectifs oui, participer au développement du sport de haut niveau et faire du sport un droit pour tous me paraissent constituer des objectifs
essentiels légitimant par ailleurs l’action de l’Etat. Par contre, il n’a pas, selon moi, les moyens financiers de véritablement les assumer.
Quel est l'acteur majeur public du sport en France ?
Les communes incontestablement qui possèdent près de 80 % du parc des équipements et sites de pratique.
Sur quoi ou sur qui repose l'organisation et le financement du sport en France ?
Les ménages et les communes essentiellement.
Quelle comparaison faites-vous entre les différentes enquêtes au sujet de la pratique sportive des français (CREDOC, INSEE, INSEP...)
?
Il est difficile de comparer les résultats de ces enquêtes car la méthodologie construite diffère, ce qui est regrettable pour l’analyse. Les dernières enquêtes qui ont été faites par ailleurs
reposent sur une méthodologie trop flottante à mon avis car les données générales sur le pourcentage de Français de plus de 15 ans déclarant pratiquer régulièrement ou occasionnellement une
activité n’ont que peu de sens.
Parlez-nous du bénévolat sportif ?
Il résiste malgré les évocations récurrentes sur la crise de cette forme d’engagement. Le secteur sportif rassemblerait 3,5 millions de bénévoles en comptant les doubles
engagements. Toutefois, cet engagement a changé, il est plus fragile, plus ponctuel et il est justifié de s’interroger sur le renouvellement des effectifs à l’avenir.
Quelles sont les perspectives pour le sport féminin en France ?
Médiatiquement peu réjouissantes à mon avis sur les chaînes hertziennes ce qui me semble regrettable car dans de nombreuses disciplines il est intéressant de voir comment se développe le sport
féminin sur le plan technique notamment.
Que pensez-vous de l'inflation des droits TV dans le sport et en particulier au football ?
La Ligue a d’abord bénéficié de la concurrence entre Canal + et TPS pour obtenir un financement exceptionnel de 600 millions d’€/an sur trois ans.
On retrouve ce montant aujourd’hui avec même une légère augmentation (668 millions/ an) mais le problème que l’on voit désormais surgir est que les Français devront de plus en plus débourser
d’argent pour accéder aux différents lots (12 au total) proposés par la LNF.
D’une manière plus générale, je suis surprise de ces montants quand on voit que le championnat français n’est pas le plus spectaculaire ni le plus intéressant sur le plan de la compétition
sportive en Europe.
Que diriez-vous de la stratégie de la LNF portée par son président F. Thiriez face à Canal+ dans le cadre
des 12 lots qu'elle entend mettre en place ?
Elle était prévisible d’une part car elle existe dans d’autres pays, d’autre part car c’était une précaution à prendre pour éviter la réduction du montant des droits à partir de
2008.
Quelle est votre opinion sur l'argent dans le sport et le salaire des sportifs ? Est-ce trop ?
C’est plutôt sur les différences de salaire entre sportifs professionnels au sein d’un même sport qu’il me semble important de se questionner. On ne nous parle
(dans les médias) que des plus gros cachets mais le sport professionnel c’est aussi beaucoup de précarité pour de très nombreux joueurs.
Quelle est votre vision du sport business ?
Personnellement, cet aspect là du sport ne m’intéresse que peu.
Cela peut-il avoir un impact quant au développement du Handball par exemple ?
C’est justement sur ces disciplines peu médiatisées qu’il me paraît passionnant d’orienter la recherche en sciences sociales ou en sciences de gestion.
Quelles stratégies ces fédérations peuvent elles mettre en place pour construire des conditions pérennes de développement d’une pratique aussi bien d’élite que de masse ? est une question
qui ouvre de nombreuses pistes d’analyse.
Comment diversifier les sources de financement quand on n’est pas médiatisé, sur quel message construire sa stratégie marketing etc.…constituent de réels enjeux pour ces organisations sportives
et toutes n’ont pas les mêmes atouts (image d’un champion, relations très anciennes avec le système scolaire, possibilités de diversifier l’offre de pratique au moyen de prestations de
services…).
Quelle est votre analyse au sujet du métier d'agent de joueur ?
Il reste encore à clarifier malgré les dispositions contenues dans le Code du sport.
Que pensez-vous de l'introduction de l'arbitrage vidéo au football ?
S’il est pratiqué avec autant d’intelligence qu’au rugby, je n’y vois pas d’inconvénient.
Quel est l'impact de compétitions comme l'Euro 2008, la Coupe du Monde FIFA 2010, les prochains JO de 2008 ou autre compétition majeure à venir sur le
développement du sport en France ?
En termes d’augmentation du nombre de licenciés, elle peut être réelle si la délégation française obtient de bons résultats. Sur ces aspects, il me paraît
intéressant d’analyser comment les fédérations sportives et les associations locales qu’elles rassemblent cherchent à anticiper et à se préparer à l’accueil de ces nouveaux licenciés ce qui
n’est guère évident quand on sait que les équipements sportifs français sont actuellement saturés.
Que diriez-vous au sujet de la défaite de Paris en tant que ville candidate pour l'attribution des JO de 2012 ?
Ah ! Ceci est un de mes pires moments !!