Alexis Duvernoy





















Cursus : BTS Communication des Entreprises ; Maîtrise IUP Management et Gestion des Entreprises du Sport ; Master MMS ESG Paris 

Promo MMS
: 2004

Expériences professionnelles / Anciennté et titres
            2002: Stagiaire Tour de France à la Voile:  Responsable Hôtels
            2003: Stagiaire Tour de France à la Voile: Assistant Directeur Technique
            2004: Salarié Tour de France à la Voile: Directeur de Course Adjoint
            2005: Départ à Londres. Depuis Octobre 2005, Brand Manager au sein de The Licensing Agency, spécialisant dans le dévélopement de marques et le Licensing, secteurs du divertissement et du sport
Mémoire : Lié aux contraintes d'organisation des événements sportifs

Sport(s) pratiqué(s) et niveau(x) + passions : Voile, catamaran de sport, Haut Niveau de 1995 à 1998. En loisirs depuis sur tous supports. 2ème Amateur du Tour de France à la Voile 2007


Interview

Ø      Pouvez-vous nous parler vos stages et recherche de stage et d’emploi ? 

J'ai fait assez peu de recherche de stages parce que j'ai eu la chance d'intégrer très tôt le Tour de France à la Voile et de pouvoir y évoluer plusieurs années de suite. Lorsqu'ils m'ont rappelé en 2005, je n'ai pas trouvé les conditions satisfaisantes et avait décidé de partir en Angleterre pour élargir mon champ de compétences.
 


Ø      Comment avez-vous obtenu votre poste actuel ? 

Par chance. Mon CV à voyager dans les mains d'amis. Un jour, une femme m'a appelé, une amie d'amis, elle m'a dit qu'elle connaissait deux sociétés à Londres que je pouvais contacter de sa part. J'ai appelé, rencontré le patron, le courant est bien passé et il m'a donné ma chance. Après 6 mois de CDD à l'essai, j'ai été embauché en contrat normal.
 


Ø      Avez-vous des clients du monde du sport ? 

Nous sommes intervenus brièvement au tout début de la campagne de K-Challenge, avant que ce ne soit Areva-Challenge, pour la 32eme Coupe de l'America à Valence en 2007.
Dans le même esprit de spectacle et de divertissement, même si ce n'est pas directement assimilé à un sport, mon principal client depuis 2005 est la Fédération Internationale des Sociétés Magiques, avec un gros travail sur les Championnats du Monde de Magie.
 


Ø      Pourquoi avez-vous fait le choix de vous expatrier ? 

Les raisons sont nombreuses. Apprendre l'anglais d'abord. Quitter la France. Découvrir une autre culture, une manière de vivre et de travailler différente de ce que je connaissais des Antilles et de la France.
 


Ø      Quels sont vos meilleurs moments en tant que cadre ? 

La satisfaction de mener à bien des projets qu'on a conçu et mis en place. 
Ø     
Quels sont vos pires moments ? 

Le stress.
    


Ø      Parlez-nous de votre travail à Londres en comparaison à Paris. 

C'est difficile de comparer. A Paris, j'étais en CDD, dans un domaine de coeur, avec une équipe passionnée. Et puis je passais plus du tiers de mon temps sur le terrain, de ports en ports. Il y a pire non ?
A Londres, j'ai un travail de bureau pur et dur, entre ordinateur et téléphones. J'ai bien eu quelques déplacements à l'étranger, sur le terrain, mais ce n'est rien du tout en comparaison de ce que je faisais au Tour De France à la Voile.
En France, il m'a toujours semblé que l'ambiance était plus décontractée, plus propice à un équilibre de vie, et à un épanouissement si l'on aime son travail comme c'était mon cas.
A Londres, ça a toujours été plus tendu. Plus de challenge, plus de tension, plus de stress. Le rythme de vie est très différent. On a plus facilement sa chance, tout va plus vite, c'est beaucoup mieux que ce que j'ai connu en France. Mais c'est plus dur aussi. C'est bien quand on est jeune et qu'on démarre, qu'on veut faire son trou. Londres, pour cela, c'est top ! Je ne regrette pas. 
  
Ø    
Quelles sont vos missions ? 

Je suis d'abord le Brand Manager de la Fédération Internationale des Sociétés Magiques (FISM). C'est à dire que je dois gérer, protéger, développer la marque FISM ainsi que les autres marques appartenant à la Fédération comme les Championnats du Monde de Magie.
Concevoir et mettre en place des programmes marketing, des programmes de licensing, chercher des partenaires, gérer les droits de mon client.
Par ailleurs, nous sommes également en charge des droits télévisés et avons en plus réalisé la production télé des derniers Championnats du Monde en 2006. J'ai été beaucoup impliqué dans ce domaine en tant qu'assistant du Producteur Exécutif... mon patron. 
J'avais un rôle de coordination dans notre effort pour mettre sur pied le budget, rassembler une équipe de production, réalisateur, producteur, techniciens le tout à l'étranger, en Suède. Sans compter la gestion en termes de droits d'image, des artistes, musicaux, etc.
Ma dernière grosse mission a été de produire le DVD du show TV que nous avons réalisé, des droits musicaux à la fabrication en passant par le contenu, le sous-titrage, les accords divers et la maquette. Là encore, un gros travail de management entre les différents prestataires et partenaires.
 


Ø      Décrivez-nous une de vos journées ? 

Longue, chargée, derrière un ordinateur, entre email et téléphone.
 


Ø      Pourquoi aviez-vous fait le choix du MBA de Management du Sport de l’ESG ? 

Parce que c'était le seul à être en cours du soir (à l'époque). Or, j'en avais un peu assez des études « classiques » formation plein temps + stage. Je voulais une formation qui m'aide à mettre le pied à l'étrier, m'aide dans ma professionnalisation dans le secteur du marketing sportif et surtout dans mon réseau. Qui me laisse le temps de travailler mes projets professionnels. Si je n'avais pas fait l'ESG dans ce système de cours du soir, je n'aurais pas pu prendre mon job de salarié à plein temps au Tour de France à la Voile. C'était pour moi une excellente transition avant l'entrée définitive dans la vie professionnelle.
 


Ø      En quoi cette formation vous a-t-elle aidé pour l’obtention de votre poste actuel ? 

Le MBA ? Le titre, l'expérience accumulée, les actions entreprises durant la formation.
 


Ø      Auriez-vous des conseils particuliers à nous donner ? 

Non. On a chacun son parcours, ses aspirations, ses forces et ses faiblesses, son environnement, chacun son rythme aussi. Travailler (beaucoup), consciencieusement et aller de l'avant, tel qu'on le sent et qu'on l'entend. De manière réfléchie aussi. Tel est mon caractère, tel est mon parcours. Ça ne convient pas à tout le monde.
 


Ø      Quelle est votre opinion sur l'argent dans le sport et le salaire des sportifs ? 

Tant mieux. Je préfère qu'il y en ait beaucoup, trop même parfois que pas assez. Certains peuvent vivre de leur passion et c'est formidable. Tout l'argent qu'il y a dans le sport, c'est tout un secteur qui se développe et tire l'ensemble de l'Economie. Qu'il y ait des dérives est normal. Ce n'est pas dû au sport, c'est la société et c'est pareil partout.
Il y des règles et des lois pour cela.
Mais il ne faut pas que ce soit l'arbre qui cache la forêt. Le salaire de certains sportifs est bien marginal à côté de la masse de pratiquants, y compris à très haut niveau, dans tous les sports de l'ombre.
 


Ø      Quelle est votre vision du sport business ? 

C'est une économie encore très marginale à côté du marché du sport et des loisirs dans son ensemble. Mais il y a un gros potentiel, une forte professionnalisation, une croissance à deux chiffres là où la plupart des secteurs stagnent. Bref, de plus en plus de boulot à forte valeur ajoutée pour des professionnels de ce secteur qui a ses particularités. 
Ø     
Que pensez-vous de l'inflation des droits TV dans le sport et en particulier au
football ? 

Le football est à ce jour le seul sport à pouvoir mobiliser ainsi les foules, transcender les cultures, les catégories sociales et les nations. C'est le divertissement de masse et populaire par excellence, mêlant valeurs sportives, émotion et suspense. 
Ajouter à cela l'ambiance de stades pleins, le format condensé parfaitement adapté à la télé. Le football avait tous les atouts pour être un parfait produit télévisé. Les dirigeants du football mondial ont su le valoriser et l'explosion actuelle des droits TV n'a rien de surprenante. 
Face à un marché télévisé qui se fragmente avec l'explosion des supports (câble, satellite, TNT, ADSL) et des chaînes, des « produits » à très forte audience populaire tels que le football prennent mécaniquement encore plus de valeur. C'est le même phénomène qui se passe avec le rugby, aux composantes par ailleurs très similaires au football en terme de format. 
    


Ø      Que diriez-vous au sujet de la défaite de Paris en tant que ville candidate pour
l'attribution de JO de 2012 ? 

Dure à digérer encore aujourd'hui! Grosse déception mais somme toute logique.
Cela s'inscrit dans une phase continue de déclin de l'influence culturelle et de la performance économique de la France et en particulier de Paris. Alors que la Grande-Bretagne, et surtout Londres, après des années 80 et 90 très difficiles étaient au contraire sur une pente ascendante continue depuis la fin des années 90 en terme d'économie, de dynamisme et donc d'attraction et d'influence. Le travail de lobby et de rassemblement derrière la candidature Londonienne en était facilité... en plus d'être meilleur que celui des français. C'est quand même un peu comme une compétition sportive. Les Anglais ont été meilleurs que nous, plus professionnels. C'est simple non ? 
Ø     
Quel rôle pourrait jouer l'Etat ou d'autres acteurs afin d'augmenter le poids de
la France à l'international en particulier au Royaume-Uni ? 

Dans le sport ou de manière générale? De toute façon c'est tout un ensemble, toute une économie, toute une dynamique. Tout est solidaire, comme dans le sport. Et puis il y a des phases, voir des phénomènes de mode. Dans l'histoire, les relations France – Royaume Uni sont une longue succession de période de domination et d'ascendant de l'un et de l'autre, à tour de rôle.
 


Ø     Pouvez comparer le système sportif français au système sportif anglais ou autre thème de votre choix en rapport avec le sport et le Royaume-Uni ?

Le système en lui même est identique. C'est un système européen dans son ensemble avec montée et descente, vainqueur et vaincu, qu'il faudrait plutôt opposer au système américain par exemple, conçu totalement comme une économie de marché de spectacle et de divertissement.
A première vue, le sport joue un rôle prépondérant dans la société britannique comme dans la société française. Toutefois, il semble encore plus primordial dans la société britannique. Le sport y est étroitement associé à la lutte des classes, de même qu'il a longtemps été l'un des rares divertissements dans un pays au climat plus rude que la France et donc au style de vie plus rude aussi. Je ne sais pas si c'est une résultante des deux mais le culte du corps et/ou de l'apparence, y est plus développé.
La France m'apparaît davantage comme un pays d'équilibres... et de gourmandise. Climat plus tempéré, équilibre des styles de vie, des moyens de se divertir et du coup du rapport aux choses. On retrouve moins d'extrêmes dans la société française et donc dans le sport français.
Les britanniques ont un rapport plus passionnel mais plus sérieux aussi du coup et finalement plus pragmatique.
On retrouve dans le style français davantage de mesure, de recul, plus d'amour pour les bonnes et belles choses, comme le beau jeu.
Pour conclure, je dirais que les français et les britanniques sont très semblables, meilleurs ennemis depuis les temps anciens, mais avec toutefois des différences notables, qu'elles soient culturelles, d'ordre professionnel ou sportif. Pas de doute, le sport, dans toutes ses composantes, est bien un reflet de la société. 
 
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